La
méditation, si elle implique le moindre effort, n'est plus de la
méditation. La méditation n'est pas un accomplissement, une
pratique quotidienne répétitive soumise à un système,
une méthode où l'on vise à atteindre un but recherché.
Toute notion d'imagination et de mesure doit être définitivement
bannie. La méditation n'est pas le moyen d'accéder à
une fin : c'est une fin en soi. Mais pour qu'il y ait méditation,
celui qui médite doit cesser d'exister.
Se connaître soi-même - les activités, les interminables dialogues, les fantasmes, les illusions sans fin du moi, le réseau des mouvements qui lui sont propres - c'est abolir la souffrance. La souffrance fait obstacle à la clarté. La méditation est cette clarté dans laquelle n'entre nulle division. L'opposé est le résultat de la confusion.
L'extase est hors du temps. La félicité de la méditation ne s'inscrit pas dans la durée. La joie devient plaisir dès qu'elle a une continuité. A l'aune du temps des horloges, la félicité de la méditation n'est rien qu'une seconde, mais dans cette seconde s'inscrit le mouvement global de la vie hors le temps, mouvement qui n'a ni commencement ni fin. Dans la méditation, la seconde est l'infini.